Tribune

 

"Allons enfants ... du réchauffement !"

 

Paul Blume - 29 03 2019

 

Constat

Malgré des décennies d’alertes répétées, des centaines de conférences internationales, des dizaines de milliers de signatures de scientifiques spécialisés, le taux de gaz à effet de serre atteint LE plafond.

Ce plafond tant décrit et redouté. Celui à partir duquel un emballement climatique mortifère modifiera pour des centaines d’années les conditions de l’existence de la vie sur terre et nos conditions de survie.

Le temps nous est compté. Chaque retard à la mise en place de comportements résilients à tous les niveaux de nos sociétés s’exprimera en perte de vie humaines.

Le réchauffement n’est pas la seule alerte

Si l’on peut chiffrer et dater l’évolution du réchauffement, d’autres problématiques - également liées à nos modes de vie - contribuent à mettre en péril le vivant.

Destruction de la biodiversité, pollutions, épuisements des ressources, recours effrénés aux énergies fossiles, entre autres, scient la branche sur laquelle nous vivons.

Environnement, climat, déséquilibres sociaux sont des marqueurs de la fin d’une époque. « Nous sous sommes bien amusés.. », la récréation est finie. (Fred Vargas lue par Charlotte Gainsbourg)

L’agenda de l’urgence et l’agenda politique

Ce printemps 2019 verra élire en Europe la dernière génération de femmes et hommes politiques susceptibles de pousser sur le frein.

Dans les quelques années qui viennent, si nous voulons éviter de percer définitivement LE plafond, il est impératif de limiter de plusieurs pourcents sur base annuelle l’ensemble des activités humaines fortement productrices de ces fameux gaz à effet de serre.

Restreindre le commerce des biens et services émetteurs implique inévitablement de modifier fortement nos comportements collectifs et individuels.

Que voulons-nous ? « Brûler la vie par tous ses bouts » ou la préserver ? L’avion pour tous ou moins d’avions et préserver les soins de santé ?

L’heure des choix a sonné. Et, au vu de ces décennies gâchées, les femmes et les hommes politiques ne nous sauveront pas. Nous devons prendre nos destins en main.

État d’urgence citoyenne 

L’urgence n’est plus a démontrer. On ne peut plus attendre que les processus de prise de décisions naissent d’une conscience qui ne semble toujours pas habiter les instances politiques internationales et nationales.

Nous, citoyennes et citoyens de la communauté des terriens devons tout mettre en œuvre pour amoindrir les effets catastrophiques liés à certaines activités humaines.

Le plus possible de manière non-violente, mais sans concessions en terme d’agenda et d’objectif.

Combattre les comportements climato-sceptiques

Force nous est de constater que derrière un discours « mainstream » bienveillant, la toute grande majorité de nos décideurs économiques, politiques, administratifs continuent – consciemment ou non – à promouvoir des comportements mortifères.

Plastiques, micro-particules, biens et services inutiles et destructeurs, activités économiques contributrices de GES justifiées par la recherche de profits, concessions constantes aux lobbyings des multinationales, croissance comme dogme dans un monde aux ressources finies… Les exemples foisonnent.

L’urgence implique d’agir concrètement à tous les niveaux.

Politiciennes et politiciens ont failli. Les mégatonnes de promesses n’ont pas ralenti le processus du réchauffement climatique.

Une désobéissance collective non-violente est aujourd’hui l’option minimale.

Inventer et renouveler les moyens d’actions

Nos sociétés sont multiculturelles, inter-générationnelles. Les disparités économiques et sociales induisent des modes de vie diversifiées. Les nombreuses facettes de nos vies collectives demandent d’adapter l’expression de l’état d’urgence citoyen aux différentes réalités vécues au quotidien.

Pour certaines et certains, ce seront les modalités de transports. Pour d’autres, l’action sociale pour bloquer des activités incompatibles avec l’objectif commun.

Les initiatives qui se multiplient depuis les accords du GIEC de Paris (lien vers...) montrent que l’intelligence collective se développe.

Déclarer un état d’urgence citoyen environnemental et social, c’est aussi fédérer les intelligences collectives et promouvoir une nouvelle société axée sur la préservation du vivant.

Notre civilisation industrielle s’effondre, à nous de faire advenir un futur désirable !

Moyens politiques et institutionnels

Un état d’urgence citoyen implique aussi de s’impliquer dans les institutions internationales, européennes et « nationales ».

Laisser le champ libre au climato-scepticisme mou des gouvernements, instances économiques et financières - en partie responsable de la situation actuelle - n’aurait pas de sens.

Œuvrer, en plus de l’action citoyenne, à l’établissement d’un état d’urgence à tous les niveaux de décision est indispensable.

Le climat, urgence extrême parmi d’autres urgences, doit devenir la colonne vertébrale de toutes les politiques économiques et sociales

Nous n’avons plus le choix. Un nouveau monde émerge, à nous de contenir les effets liés aux contraintes physiques non-négociables. A nous de nous créer un futur désirable.

 

Les Tribunes publiées par le groupe de réflexion n'engagent que leurs auteur-e-s :

2019 04 11 - Paul Blume : Climat : en incapacité de voter le 26 mai

2019 03 29 - Paul Blume : Allons enfants ... du réchauffement !

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2019 02 21 - Cédric Chevalier : Pour qui roulent nos gouvernements ? La biosphère ou ses ennemis ?

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2019 02 05 - Paul Blume : Loi « climat » ? Ne pas se tromper d’objectif !

2019 02 01 - Paul Blume : Humanité versus Climat. "Dépassé Bart ?".

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